LES COURANTS ESTHÉTIQUES DU XIXe SIÈCLE

BATXIBAC

BATXIBAC

LES COURANTS ESTHÉTIQUES DU XIXe SIÈCLE

1. À partir de tes connaissances sur les courants esthétiques du XIXe siècle, complète cet article avec les 2 mots manquants :

Au milieu du XIXe siècle, quand Baudelaire surgit sur la "scène littéraire" deux grands mouvements se partagent l'espace d'expression poétique : le et le  .
Lamartine, Vigny et surtout Hugo pour le premier.



ALFONSE DE LAMARTINE

ALFRED DE VIGNY VICTOR HUGO

 


Gautier, Banville, Leconte de Lisle et Hérédia pour le second occupent la place.

THÉOPHILE GAUTIER
THÉODORE DE BANVILLE LECONTE DE LISLE
JOSÉ MARIA HEREDIA



 
                   



Comme tout artiste, Baudelaire va faire le deuil de ses attirances pour trouver sa propre voix.




2. Qu'est-ce que le Romantisme ?


Baudelaire est "romantique" par tempérament, par admiration ( pour Hugo, en particulier, à qui il dédicace la section des "Tableaux parisiens") et par fréquentation.

Lis ce texte et résume en une phrase ce qu'est pour toi le Romantisme

Schématiquement , le Romantisme se caractérise par le refus de la distanciation classique dans des figures impersonnelles et, au contraire, la revendication de l'expression du moi. Le Moi est sujet et objet du poème, destinateur et destinataire. Et Lamartine d'affirmer : "Je n'imitais plus personne, je m'exprimais moi-même, pour moi-même. Ce n'était pas un art, c'était le soulagement de mon propre coeur qui se berçait de ses propres sanglots." Le Romantisme exalte aussi l'expression des sentiments, des sensations, des émotions et de l'intimité. Elle se veut libre et anticonformiste dans le choix de ses sujets et de ses formes poétiques. Hugo le proclame : "Tout est sujet, tout a droit de cité en poésie ... le Poète est libre." Le Romantisme porte en lui un rêve de totalité. La poésie peut et doit tout dire. Pour les poètes romantiques,universalité et intimité ne sont pas vécues comme un paradoxe. Enfin, le mot est tout puissant; il n'a pas seulement pour rôle de reproduire le réel, mais il est créateur d'un autre espace : " Le mot est un être vivant, plus puissant que celui qui l'emploie." (Hugo)



3. LE PARNASSE

Lis ce texte et dis ce que Baudelaire recherchait dans la poésie du Parnasse ?
Était-il totalement convaincu ?

Baudelaire, malgré tout est conscient des excès, et par là même, des faiblesses du Romantisme.
Il trouve, dans la poésie du Parnasse et dans ses prises de position, des arguments et des valeurs dans lesquelles il peut se reconnaître : le travail, la maîtrise et la rigueur. Théophile Gautier publie en1857 "L'Art", poème manifeste dans lequel il affirme sa rupture avec le Romantisme et une option nouvelle qui serait la "religion" du Parnasse : l'art pour l'art. leur recherche est celle de la virtuosité plastique, de la pure gratuité et de l'impersonnalité.Pour autant, l'intransigeance esthétique des parnassiens possède des limites dont Baudelaire se dégage très vite aussi.




LES GRANDS MOUVEMENTS POÉTIQUES

 
                                                     ASSOCIE CHAQUE MOT À SA DÉFINITION

 
1.               DADA                  A. Terme dont les significations sont multiples, il désigne l’attitude, les choix esthétiques et les conceptions littéraires telles qu’elles furent en vigueur dans la première moitié du XIXe siècle. Les poètes Lamartine, Vigny, Hugo, par exemple, firent coïncider la poésie avec l’effusion lyrique des sentiments, célèbrent les rapports de connivence entre l’homme et la nature, dont ils firent une confidente privilégiée, et rendirent compte d’une forme d’insatisfaction et de douleur de vivre dans un monde inadapté à leur permanent rêve d'idéal.                                                                                                                                          
2.        LE ROMANTISME B. Ce terme désigne une école poétique très importante au XIXe siècle et qui eut ses adeptes jusqu’au début du XXe siècle. Sa théorie est celle de l’art pour l’art, soit la recherche de la perfection à travers les rigueurs de la forme. En ce sens, le poète prend son inspiration ailleurs que dans le désordre de ses sentiments, privilégie les références à l’architecture, à l’antiquité, aux scènes fameuses de l’histoire.
3.
     
LE SYMBOLISME


C. Ball, Tzara, des femmes font "table rase" du passé, rejettent toutes les valeurs au profit du hasard et du non sens
4.          
  
  LE SURRÉALISME

D. Baudelaire et Verlaine, les précurseurs, Mallarmé utilisent lyrisme, symbole, musicalité légère, proposent une poésie qui tend vers un Idéal inaccessible, au-delà du monde visible, mystère à déchiffrer
5.        LE PARNASSE
E. Breton, Soupault, Desnos, Eluard, Aragon, Péret, héritiers de Dada, chantent amour, poésie, liberté, rêve, engagement dans une poésie libérée, issue d'un inconscient créateur qui produit compte-rendu de rêves, images, "écriture automatique" et "cadavres exquis"
      
                                                                                                                                                                           RÉPONSES


VRAI OU FAUX

DIS SI CES AFFIRMATIONS SONT VRAIES OU FAUSSES  
1.  Le Parnasse et le Symbolisme sont deux mouvements poétiques qui se sont succédés dans la seconde moitié du XIX°siècle. Ces deux mouvements ont en commun leur indifférence aux suffrages de la foule, leur désengagement politique et leur profond souci de la forme
 2.  Les principaux précurseurs du Parnasse sont Arthur Rimbaud et Paul Verlaine
3. Le Parnasse (1862-1880) se réunit autour de Leconte de Lisle et se voue au culte d’un beau très formel, lié aux formes antiques et aux cultes de l’histoire. Il prend en compte les progrès scientifiques car il sera influencé par le positivisme.
 4. Le symbolisme fut lancé par le manifeste de Jean Moréas dans le Figaro du 18 septembre 1816.
 5. Le Symbolisme (1886-1898) est à la fois une réaction contre le Parnasse et sa continuité. Il fait du symbolisme la condition même de l’art. Il décide de suggérer plutôt que de nommer et libère le vers du moule classique célébré par les parnassiens
  RÉPONSES



LA MODERNITÉ DE BAUDELAIRE

Lis ce texte et dis : 
- En quoi Baudelaire est-il le poète de la modernité ? 
- Qu'apporte-t-il de nouveau ? 


Baudelaire, entre émotion romantique immédiate et formalisme parnassien distancié, invente la modernité, autrement dit une "solution", une "troisième voie"qui le met à l'abri des excès des deux mouvements. Cette modernité, il la reconnaît dans les oeuvres d'artistes tels que Delacroix, Daumier, Manet, Cézanne et Wagner, dont il est un des premiers à percevoir la nouveauté et le génie. 
Les Fleurs du Mal sont à l'image de ces tensions et de la dynamique qui animent la modernité. On y retrouve les influences qui parcourent le XIXe siècle et cette volonté d'explorer d'autres espaces de création et d'expression. 

Baudelaire croit en l'imagination comme faculté raisonnée de création. Il n'y a pas là, pour lui, incohérence ou paradoxe. Il ne voit pas dans l'imagination, un ornement, une rêverie, l'expression désordonnée et aléatoire d'un fantasme mais "la plus scientifique des facultés", l'imagination se travaille, se construit, s'élabore jusqu'à devenir système dans l'élaboration de la théorie des correspondances, pour mettre en images l'existence et le sens qui se dérobent à l'entendement et à la sensibilité de l'être humain. L'imagination permet d'accoupler les réalités dispersées, de recomposer des symboles ( l'étymologie grecque du mot symbole désigne un objet coupé en deux, constituant un signe de reconnaissance pour les porteurs de chacun des morceaux rassemblés). La poésie a alors pour vocation de faire signe et sens, Baudelaire est ainsi le précurseur du Symbolisme.




LE SYMBOLISME : UNE RÉACTION AU NATURALISME

                                                                        LE SYMBOLISME : UNE RÉACTION AU NATURALISME


Les naturalistes visent une représentation objective et quasiment scientifique du monde. Ils cherchent en particulier à décrire la réalité sociale, mais également à l'analyser afin d'en comprendre les mécanismes et les lois. face à ce qu'ils considèrent comme une dérive scientiste, certains écrivains de la fin du XIXe siècle estiment que le monde concret n'est qu'une apparence et que la finalité de l'art n'est pas de reproduire le réel, mais d'atteindre l'inconnu, un monde secret dont la réalité sensible n'est qu'une image symbolique. Ce sont les correspondances entre le monde sensible et ce monde secret des idées qui constituent les symboles. Les symbolistes réhabilitent donc le mystère, l'énigme et la suggestion dans l'art.


Complète le texte suivant avec les mots manquants :

langage- correspondances - modernité -sensible - musicalité - positivisme - symboles


Le symbolisme, entre 1880 et 1890, rompt avec le  scientiste et matérialiste pour réhabiliter une approche  de la réalité. Dès lors, il veut élucider les mystères du monde à travers un réseau de , de  et d'analogies qui relie le monde sensible à un univers surréel. Le poète symboliste crée un nouveau  fondé sur l'image et la , engageant son écriture dans la voie de la  poétique. Baudelaire, poète des correspondances et des synesthésies, est considéré comme le père du symbolisme.




QUI EST QUI ?

   Regarde les photos, lis les biographies et associe chacune d'elles à un poète
 
PHOTO 1
1854-1891

"L'homme aux semelles de vent", le poète le plus novateur du XIXe siècle, connaît une carrière littéraire très brève.

Il écrit ses premiers poèmes à quinze ans, ses derniers à vingt-et-un, ne cesse d'être en rupture (fugues, relation tumultueuse avec Verlaine ), avant de délaisser toute forme de littérature pour devenir commerçant et parfois trafiquant. Il s'éteint à trente-sept ans, à Marseille, à son retour d'Aden au Yémen.
 

PHOTO 2
 1842-1898

Adepte d'une poésie exigeante, à la forme très travaillée, il élabore une oeuvre qui fait de lui le maître du symbolisme. ses poèmes engagent une réflexion proche de la méditation philosophique.

Il est l'auteur notamment de Poésies ( posthume ) et de Divagations
 
 

  PHOTO 3
 1844-1896

Silhouette familière des cercles et cafés parisiens, il est très influent dans le milieu symboliste.

Très lié avec Rimbaud, avec qui il mène un temps une vie vagabonde de poète maudit, il laisse des poèmes empreints de mélancolie et de musicalité.

Parmi ses recueils, on peut citer Fêtes galantes (1869), Romances sans paroles (1874) et Sagesse (1881)
 
PHOTO 4
1821-1867

Selon Rimbaud, il est le premier "voyant", c'est à dire, le premier poète moderne. Au travers de son oeuvre, il fait en sorte de créer et de démontrer les liens entre Beau et Laid, Bien et Mal, bonheur et idéal inaccessible entre le poète et son lecteur.

En parallèle, il a exprimé la mélancolie et l'envie d'ailleurs. Ses audaces formelles, et en particulier le recours à la prose, font de lui un poète en rupture radicale avec le passé.

Les Fleurs du mal (1857) et le Spleen de Paris ou Petits Poèmes en prose (1869) sont ses oeuvres les plus connues.
 
   



ETYMOLOGIE DE SYMBOLE

                                                 ÉTYMOLOGIE DE "SYMBOLE"


Le mot "symbole" vient du grec sumbolon. Dans la Grèce antique, le sumbolon désignait les deux parties  d'un morceau de poterie brisée. Si les deux porteurs pouvaient faire coïncider les deux tessons, cela constituait un signe de reconnaissance. Le symbole est donc le signe d'une association.
Il établit un lien entre le monde naturel, tel que l'homme le perçoit, et le monde des idées, qui ne peut être perçu directement.


                                           L'IMPORTANCE DE LA SUGGESTION


Pour les poètes symbolistes, les mots constituent la "forme sensible" de l'idée. Ils ne doivent pas être combinés par pur esthétisme, comme le font les poètes parnassiens, ni avec l'intention de représenter le réel, mais dans le but de suggérer des rapports secrets entre les sensations humaines, le monde et les idées.


                                                        LA MUSICALITÉ

La musique s'adresse tout à la fois aux sens et à l'esprit. Elle parle sans mots et suggère davantage qu'elle ne décrit ou qu'elle ne représente. Elle constitue donc un moyen privilégié d'atteindre l'inconnu pour les symbolistes.

Ex : Dans son "Art poétique", verlaine exprime la corrélation entre la musique et le monde des idées :

De la musique encore et toujours !
Que ton vers soit la chose envolée
Qu'on sent qui fuit d'une âme en allée
Vers d'autres cieux à d'autres amours.

Verlaine, Jadis et Naguère, "Art poétique", 1884

                                

                                        UN MOUVEMENT AVANT-GARDISTE


On a souvent reproché au symbolisme son hermétisme, son abstraction et son refus du réalisme. Il n'est pourtant pas question de s'abstraire du réel, mais bien au contraire d'accéder à la forme la plus élevée de la réalité, l'idée.

Le symbolisme annonce en cela les formes les plus contemporaines de l'expresison artistique, qui se sont peu à peu affranchies du désir de reproduire à tout prix le réel.






LE SYMBOLISME : LES POÈTES

Le symbolisme est un mouvement qui se définit a posteriori. Il est évoqué en tant que mouvement littéraire pour la première fois en 1886, dans un article du poète Jean Moréas paru dans le Figaro.

"La poésie symbolique cherche à vêtir l'Idée d'une forme sensible" Jean Moréas, Manifeste du symbolisme, 1886

BAUDELAIRE est perçu comme le précurseur principal du mouvement, entre autres pour sa théorie des correspondances ( Les Fleurs du Mal, "Correspondances" 1857 )

VERLAINE est la deuxième figure tutélaire, par la place qu'il accorde à la musicalité, mais aussi par son art de la suggestion et de l'evanescence qui préfigure l'abstraction de certains poèmes symbolistes.

RIMBAUD, même s'il ne peut pas être directement rattaché à l'école symboliste, développe une poésie radicale, en quête d'absolu, le poète inventant un langage capable d'"arriver à l'inconnu". (Rimbaud, "Lettre du voyant", mai 1871

MALLARMÉ est désigné comme le maître du mouvement qui a débuté bien avant son officialisation par Moréas.

Il est donc difficile de délimiter précisément les limites chronologiques du symbolisme, qui s'étend approximativement du milieu du XIXe siècle au début du XXe.


CORRESPONDANCES SELON BAUDELAIRE

                Correspondances


La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

II est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
- Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.

                                   C. BAUDELAIRE, Les Fleurs du Mal, "Spleen et idéal"


I - Un texte qui montre l'homme face à la nature


Cite un vers qui illustre la prédominance de la nature sur l’homme


Cite un vers qui montre la confusion de l’homme par rapport à la nature


Cite un vers qui montre que la nature envoie des signaux que l’homme doit déchiffrer



II - Un texte qui met en évidence l'esprit des sens


Relève les vers où apparaissent les 5 sens 

* la vue      
* l'ouïe        
* le toucher
* l'odorat    
* le goût     

- Quel rôle joue le parfum dans ce poème ?

- Étudie l'expression des réminiscences et des correspondances entre les différentes perceptions.

- Comment le jeu des sensations permet-il au poète d'oublier le spleen et de s'élancer vers l'idéal ?


Cite un vers qui illustre l'influence de l’esprit sur les sens


À partir de ta lecture personnelle, explique finalement ce que signifie pour toi l'expression "forêts de symboles" vers 3



Complète cette conclusion :


Le poème Correspondances de Charles Baudelaire est un dialogue entre  et .
Selon Baudelaire, la nature détient le pouvoir de transporter et  de l’homme.


IDENTIFIE ET ANALYSE LA MUSICALITÉ D'UN POÈME

                                                           IDENTIFIE ET ANALYSE LA MUSICALITÉ D'UN POÈME


Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure.
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine !


Paul Verlaine, Romances sans paroles, 1874


1. Quelles remarques peux-tu faire sur la musicalité de ce poème : mètre, rime, répétition de vers et de sons ?

2. Comment relies-tu la forme et son sujet ?